mardi 3 mars 2009

Un petit texte écrit il y a longtemps...

Le début de ma vie fut un enfer pour mes parents. Déjà, étant bébé, je vomissais régulièrement dans mon lit, la nuit. Ainsi, pendant neuf mois, chaque soir, je laissais échapper de ma bouche de longs filets de bile. Aujourd'hui, mes parents en parlent d'un ton amusé, il me semble, mais cela du être dur pour eux. Se sont-ils demandé ce que le bon Dieu leur avait fait pour mériter ça? Je ne le sais. Enfin, après ces longs neuf mois, j'ai arrêté de vomir au lit, pour une raison inconnue, mais au grand soulagement de mes géniteurs.
Enfant, j'étais un élève normal. Ni le meilleur, ni le moins bon, j'étais fondu dans la masse.

A mon arrivée au collège, je connus mes premiers échecs en cours. Des mauvaises notes, mais rien de bien grave, si bien que ces quatre années se passèrent sans trop de problèmes. Au début, ces premières notes désastreuses me rendaient triste, car je pensais à la punition que m'infligeraient mes parents. Puis, petit à petit, j'appris à accepter les échecs, et à cacher mes résultats. La tristesse ne m'envahissait plus beaucoup, car j'avais désormais l'habitude. C'est ainsi que je laissais couler chaque mauvaise note, me disant que je me rattraperais. J'ai toujours baigné dans l'informatique, les jeux vidéos, et tout mon temps était dépensé à pratiquer cette activité. C'est, je pense, ce qui m'a fait sombrer dans l'échec scolaire. Bien entendu, il faut relativiser. Je n'ai pas redoublé de classe au collège, donc mes échecs étaient pas aussi importants que ceux de certains qui abandonnaient les études à ce niveau. Ma grande passion pour les jeux vidéos faisait que je ne travaillais plus, et c'est encore le cas aujourd'hui. A peine rentré au foyer familial, j'allumais l'ordinateur, ou la console, pour jouer jusqu'à l'heure de se coucher.
C'est aussi à cette époque du collège que je forgeais mon caractère. En effet, j'avais quelques amis, mais aucun "meilleur ami", personne à qui me confier lorsque j'en avais besoin. Ainsi, je gardais tout au fond de moi. De plus, j'étais, il me semblait, pour les autres, quelqu'un d'invisible, de par ma timidité. Je n'osais pas aborder les gens, de peur de leur réaction, par gêne... Et mon physique ne jouait pas en ma faveur. Jusqu'en cinquième, j'étais rondelet. A la suite d'une réflexion faite par ma grand-mère, quelques temps avant sa mort, j'ai entamé une longue crise qui me fit quasiment plonger dans l'anorexie, et je devins, après deux ans, squelettique.
C'est à cause de cette invisibilité auprès des autres, qu'en quatrième, je commençais à boire. De un, pour faire "adulte", et de deux, pour impressionner les autres. C'est aussi durant cette année, que des scarifications apparurent sur mes bras. Je les montrais, me disant anarchiste, opposé à la religion. Puis, à la fin du collège, la pire chose qui me soit arrivée de toute ma vie apparut: la cigarette. Encore aujourd'hui, je fume en me disant qu'il faudrait que j'arrête, mais je ne peux pas. Je n'ai aucune volonté. Pour apparaître comme quelqu'un au yeux des autres, je m'inventait une seconde vie. Celle d'un rebelle, ne travaillant pas, et féru d'informatique, au point d'être devenu un "crackeur". En réalité, j'étais juste un joueur, qui passait son temps sur les jeux, à la recherche d'une quelconque considération.

Puis, vint le lycée. Les premières relations amoureuses, les premiers pleurs après les ruptures. Etant habitué à l'échec, avec mes résultats du collège, cela ne me dérangeait guère. J'avais cependant changé. Je ne sais pourquoi, ni comment, mais je suis passé d'un être seul, déprimé, pas ouvert aux autres, à quelqu'un d'extraverti, amusant, et ayant beaucoup moins de mal à aborder les autres. Cependant, je continuais à m'inventer une autre vie, dans je ne sais quel but. Mais tout cela n'était qu'un masque. J'ai fait des efforts pour paraître plus à l'aise avec les gens, mais au fond de moi, j'étais toujours ce petit garçon timide, en recherche constante d'amour et de considération.
C'est au lycée que mon échec scolaire se fit vraiment sentir. Tout ce temps passé à jouer aux jeux vidéos, plutôt qu'à travailler, me fit redoubler mon année de première. Je pense cependant que l'absence de travail n'est qu'une raison parmi d'autres, que je vais énumérer ici. Tout d'abord, j'avais peur de "grandir". La terminale, le bac, j'en avais peur. Je craignais de ne pas réussir, et d'être la honte de la famille. Réaction quelque peu idiote, puisque j'avais redoublé une classe, ce qui me dressait au même rang que si j'avais raté mon bac. Ceci, je ne m'en rendit compte qu'une fois l'erreur commise. Et puis, j'allais être "le redoublant". Ils étaient différents au yeux des autres camarades de classes, je ne sais pour quelle raison. Ma constante recherche d'intérêt pour les autres m'a donc "poussé" à redoubler.
Je pense que le pire dans tout ça, c'est que j'étais indifférent à tout cela. Je n'avais que faire de mon avenir. C'est une autre raison. Je ne savais que faire, une fois le bac passé. Dans quelle voie m'engager? Je me disais qu'une année de plus au lycée me laisserait le temps de réfléchir. Il n'en est rien. Ce n'est que quelques semaines avant le bac que j'ai commencé mes recherches, pour finalement atterir où je suis actuellement, en classe préparatoire.

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